mercredi 25 avril 2012

43. Un séjour dans la jungle Thaïlandaise.

Un pick-up vient nous chercher, mes nouveaux compagnons d’aventure et moi-même. Nous sommes une dizaine : trois Anglais et une Canadienne voyageant ensemble, un couple d’Anglais, un couple de Français, un Espagnol rencontré la veille, et moi-même. Le groupe que nous formons s’entend bien, l’expérience promet d’être plaisante. Après nous avoir entraînés sur quelques kilomètres en dehors de la ville, jusqu’à un marché local afin de s’approvisionner pour le séjour, nous roulons jusqu’aux abords du parc national de Doi Inthanon, à l’endroit où la route s’arrête. La vraie aventure peut commencer.

Nous nous enfonçons dans la jungle pour une petite demi-heure de marche. A mi-chemin, nos guides – un Thaïlandais et un “Karen” un peu fou – nous propose de faire une halte pour manger, près d’une piscine naturelle. Après nous avoir donné à chacun nos repas du midi, du riz enveloppé dans une feuille de bananier et quelques bananes, ils disparaissent dans la jungle en nous laissant livrés à nous-mêmes. Étrange. L’ambiance est bon enfant ; nous prenons quelques photos et nous baignons dans cette eau trouble en attendant le retour tant espéré de nos guides. Après une bonne demi-heure, ils nous reviennent enfin, et nous reprenons la marche jusqu’au premier village isolé des “Karens”. Les “Karens” vivent majoritairement en Birmanie d’où ils sont originaires, mais certains ont immigré en Thaïlande où ils ont maintenant une image d’assistés. Il nous faudra trois heures pour atteindre le village. La randonnée dite facile nous en fait voir de toutes les couleurs, mais nous atteignons notre objectif en fin d’après-midi. La partie du village qui nous est réservée nous est vaguement présentée (notre guide thaïlandais parle un anglais rudimentaire alors que notre guide issu d’un des villages Karen n’utilise qu’un anglais très rudimentaire) : une cuisine, notre chambre commune composée de cinq paillassons doubles sous des moustiquaires trouées, une douche entourée de quatre planches de bambous, et les toilettes qui ne sont autre qu’un trou dans le sol, protégé par quatre planches de bambous. Autant dire que nous allons vivre à la dure. Quelques-uns d’entre nous décident de partir explorer le reste du village, appareil photo en mains. Malgré mes attentes, il est malheureusement très difficile de dialoguer avec les membres du village, tout simplement car ils ne sont soit pas présents, soit aux regards durs et inquisiteurs. Je parviens tout de même à échanger quelques mots avec une petite fille en train de tisser sur le devant de sa maison. Les enfants sont encore les plus faciles d’approche. J’ai toutefois l’impression de violer leur intimité, et c’est exactement ce qui m’avait fait hésiter sur la nature de cette randonnée. Je renonce donc à tout dialogue et me contente de profiter du paysage qui est à couper le souffle. Quelques cochons noirs se baladent dans le village ; plus haut, nous découvrons un champ où vaches et cultures cohabitent, mais également une église faite de bois, et finalement une vue sur la jungle avoisinante. Plus tard, nous dégusterons un repas composé de riz et de fruits préparé par des femmes du village. Elles nous proposeront ensuite d’acheter quelques souvenirs faits de leurs mains. Le soir venu, nos guides nous prépareront un feu de camp autour duquel nous tenterons de discuter des us et coutumes du village. Le guide thaïlandais répond à nos questions mais il est évident qu’il ne le fait que parce qu’il lui a été demandé de le faire. Certains de mes compagnons rejoignent le guide birman afin de partager un peu d’opium. La consommation d’opium est très courante dans ces villages isolés…

Après une courte nuit agrémentée de moustiques et de ronflements et un copieux petit-déjeuner, nous voici de nouveau en route pour de nouvelles aventures. Nous marcherons pendant une heure afin d’atteindre le plus haut point du parc ; si la randonnée du jour précédent nous paraissait difficile, autant dire que nous peinons cette fois à avancer à un rythme soutenu. Il nous faudra ensuite une heure supplémentaire afin d’atteindre ce qu’ils considèrent comme le second village “Karen”. Malheureusement, tout ce que nous pouvons en voir est une cabane qui nous servira d’appoint pour le lunch. En amont de ce “village” se trouve une chute d’eau et à ses pieds une nouvelle piscine naturelle. Nous y barbotons une bonne heure avant de reprendre notre marche, d’un pas lourd, pendant environ deux heures vers notre campement pour la nuit. Le cadre est complètement différent du premier. Nous sommes totalement à l’écart du village, dans un espace qui se compose d’une cuisine, de toilettes rudimentaires, et de six petites huttes individuelles. Je vais pouvoir profiter de mon propre espace ce soir. Quant à la douche, il s’agit cette fois d’une énorme baignoire naturelle située juste à côté du camp. Sans plus tarder, notre groupe se jette à l’eau afin de se rafraîchir. Nous dînerons ensuite et la nuit venue, nous nous retrouverons de nouveau autour d’un feu de camp avant de sombrer chacun de notre côté dans les bras de Morphée. À savoir également que nos guides transportent avec eux des glacières remplies de sodas et de bières, que nous vidons bien sûr à notre propre compte. Les soirées sont donc bien agitées.

Le lendemain matin, après un petit déjeuner à base de riz, nous repartons pour une heure et demi de marche le long de la rivière. Sur le chemin, notre guide nous lance au défi de manger des fourmis rouges, apparemment très bonnes pour notre organisme. Nous passons ensuite dans des champs de riz où la marche devient enfin facile. Nous reprenons finalement la route par pick-up, afin d’atteindre un village réputé pour ces éléphants. Nous y mangerons et aurons ensuite l’occasion de partir à dos d’éléphant pour une heure de temps. Wahou. Je n’ai pas d’autres mots pour résumer cette expérience. Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie dans un moyen de transport. La hauteur est impressionnante, et leur démarche lourde et lente fait de cette balade un enfer. Bien que surexcitée d’être sur le dos d’un éléphant, j’avais très hâte de le quitter. D’autant plus que le guide installé sur la tête de mon éléphant décide très souvent de quitter son poste et de laisser l’éléphant libre d’aller où bon lui semble. Autant dire que j’ai failli mourir une paire de fois. La balade à dos d’éléphant terminée, nous interagissons un peu avec eux avant de partir pour une nouvelle aventure. Cette fois, il s’agira de descendre la rivière sur un long et étroit radeau de fortune pour deux heures. Quelle rigolade ! La rivière est très réputée et de nombreux habitants s’y baignent tout au long de notre descente. Leur jeu préféré est bien évidemment d’arroser les farangs (étrangers) sur leur passage !

Une heure de route plus tard, nous voici de retour à l’auberge où nous partageons tous nos ressentis autour d’une bonne bière fraîche.





Retrouvez l'intégralité de l'interview d'où cet article est extrait sur le forum des PVTistes ici*.

samedi 21 avril 2012

Intermède #10 : Massaman Curry Paste.



How to make MASSAMAN CURRY PASTE.

INGREDIENTS :
1/8 teaspoon of black peppercorns
1/8 teaspoon cumin seeds
1/4 teaspoon coriander seeds
1/4 teaspoon cloves
1/4 teaspoon cinnamon
1/4 teaspoon cardamon
1/8 teaspoon salt
3-5 large sundried chillies, seeds removed and soaked in water for 10 minutes
1/4 teaspoon ginza (or ginger), scrape skin off and slice finely
1/2 tablespoon lemongrass, sliced finely
1/2 tablespoon garlic, peeled and chopped
1/2 tablespoon shallots, peeled and diced finely
1/4 tablespoon coriander root, chopped
1/8 teaspoon shrimp paste

PREPARATION :
1. Roast dry ingredients in a wok, no oil, on low heat. Stir until the fragrance has been released (usually 1 to 4 minutes process). Turn the heat as soon as you smell the fragrance of the herbs.
2. Place all of the dry roasted herbs in a mortar and pestle and pound until they reach a fine powder.
3. Add the ginza, lemongrass and coriander roots. Pound again until all ingredients are smooth.
4. Add the garlics, shallots, shrimp paste and sundried chillies. Pound again until smooth.

This recipe makes two tablespoons of paste which is enough to make two currys for two people. It may be stored up to two months by adding half a cup of soya bean oil and placing in an airtight jar in your pantry. Do not store in fridge.

vendredi 20 avril 2012

42. De Sukhothai à Chiang Mai.

Je monte dans le bus et comprends vite que prendre le dit bus depuis la vieille ville n'était pas chose à faire ; tous les sièges sont occupés, et l'allée centrale devient mon siège partagé. Je me dirige vers le fond du bus et décide de m'installer le plus confortablement possible sur le sol. Si les Thaïlandais me regardent tous de leurs regards stupéfaits, il me serait impossible de passer les cinq prochaines heures debout après avoir crapahuté dans le parc toute la matinée. Ma tête repose sur mon sac couché au sol, et, les paupières closes, j'essaye d'oublier -une fois de plus- mon confort et me concentre sur le reste. Un peu plus d'une heure plus tard, une Thaïlandaise me tape gentiment sur le bras pour m'indiquer qu'un siège s'est libéré. Je la gratifie d'un sourire et m'installe près de la fenêtre. Alors que je m'apprête à appuyer ma tête contre la vitre, je me reprends immédiatement. Je passe mes prochaines heures à observer du coin de l’œil une colonie de petits cafards qui fait des vas et viens du rebord de la fenêtre au siège situé devant moi. Si partager mon espace vital avec ces petits insectes m'est devenu envisageable après plus d'un mois en Thaïlande, la simple idée qu'il se retrouve sur mon corps me révulse.

L'attente à la gare de Chiang Mai fut longue. Une heure plus tard, un chauffeur vient enfin me récupérer. Une fois à l'hôtel, je dépose mes affaires dans ma chambre et planifie mes prochains jours : un trek de trois jours et deux nuits dans la jungle, et une demie journée de cours de cuisine Thaïlandaise. Je me dirige ensuite vers le bar-restaurant situé à l'entrée de l'hôtel où un chanteur entonne les paroles de Johnny Cash. L'air occidental qui règne dans cette place me donne un regain d'énergie pour les jours à venir.

La philosophie de l'endroit est écrite noir sur blanc sur le dessus de la scène :
Shoot nothing but pictures.
Kill nothing but time.
Leave nothing but footprints.

mercredi 18 avril 2012

Photos #21 : Sukhothai National Park 1.

Sukhothai National Park, central area - Sukhothai Province, THAÏLAND.

mardi 17 avril 2012

41. Dans la province de Sukhothai.

Alors que le soleil n'est pas encore levé, mon alarme sonne. Machinalement, je l'éteins et me demande bien quelle mouche m'a piqué pour avoir osé programmer cette dernière de si bonne heure. Et puis, je me souviens. Grommelant un tas d'insultes contre mon cerveau, je me lève, les paupières à demi ouvertes. La moiteur de la nuit me somme de prendre une douche froide et je m'exécute. Une fois bien réveillée, l'excitation et l'impatience prennent le dessus. J'emprisonne ma longue chevelure dans une natte, vérifie une dernière fois que toutes mes affaires sont prêtes au départ, et quitte ma chambre.

Dehors, une petite brise fraîche me chatouille le visage. La petite ville de Sukhothai se lève à peine au rythme de mes pas. Je croise le regard étonné de plusieurs villageois ; voir une européenne dans les rues à cette heure si prématurée, cela amuse autant que cela surprend. D'un pas décidé, je me dirige vers la partie nord du parc historique. Après m'être délectée de la partie centrale et de ces magnifiques temples -Wat Mahathat, Wat Tra Phang Ngoen, Wat Si Sawai, Wat Sa Si, Wat Tra Kuan, Wat Chaha Songkhram, King Ramkhamhaeng Monument- durant la journée d'hier, je compte bien profiter de la partie nord ce matin. Les allées sont désertes, je me sens seule au monde. Je marche depuis presque une heure quand, derrière Wat Phra Phai Luang, je le vois apparaître. Le moment est inoubliable, le sentiment d'impuissance incroyable. Sa couleur dorée se reflète sur la pierre. A son contact, les statues de Bouddha prennent toute leur ampleur. J'en ai l'envie de pleurer. Après m'être imprégner de la force de ce moment, je continue mon chemin et m'enfonce dans les abysses du parc. L'heure étant en ma faveur, je prolonge le plaisir jusqu'à la partie ouest du parc. D'un temple à un autre, d'un Bouddha géant aux petites statuettes éparpillées à travers les ruines, mon sourire se fait plus prononcé jusqu'à concurrencer l'irradiation des rayons du soleil. Je pourrais passer des journées entières à errer dans ce parc tant il est beau.

Quatre heures plus tard, les pieds en compote mais les yeux et l'appareil photo rassasiés, j'attends mon bus pour Chiang Mai.

dimanche 15 avril 2012

40. Sawadee pi mai.

Incertaines de ce qui nous attendait à l'extérieur, un peu avant midi, nous nous aventurons à l'extérieur de l'hôtel. Dans cette rue plutôt calme, l'atmosphère est lourdement différente des autres jours, signe de cet événement particulier : le nouvel an bouddhiste. Les effluves de l'euphorie environnante se font ressentir très rapidement. Sur le trottoir adjacent, une poignée d'enfants est postée en position d'attaque ; seaux d'eau, tuyau d'arrosage, pistolets à eau. Nous comprenons rapidement que notre sort est entre leurs mains et nous accélérons notre cadence pour éviter ce que nous devinons imminent. Une fine pluie d'eau froide parvient jusqu'à nous et nous commençons à courir.

Songkran est le nom donné au nouvel an bouddhiste en Thaïlande. A Bangkok, il a lieu chaque année du 12 au 15 avril. Trois jours où la ville se transforme en terrain de jeu pour une bataille d'eau monumentale. De manière traditionnelle, chaque famille se réunit afin que chacun fasse preuve de respect envers ses aînés en leur versant de l'eau parfumée sur les mains. Si le côté traditionnel n'a pas disparu, il s'en suit la plus grande bataille d'eau du monde. Pendant trois jours, toute technique est bonne pour mouiller son prochain.

Notre repas entre expatriés se déroule à merveille. A l'abri derrière de grandes vitres, nous observons la jungle extérieure tout en dégustant un festin. Le spectacle auquel nous assistons est démentiel ; personne n'est épargné, pas même l'homme d'affaire en costume qui tente tant bien que mal de se rendre au travail. L'heure d'affronter la zone de guerre approche et nous achetons de gros pistolets à eau afin de contrer toute attaque. Les prochaines heures ne seront que pure plaisir. Nous retombons complètement en enfance, trempées de la tête aux pieds, arrosant les passants avec frénésie. La rue principale est noire de monde, pas un mètre carré n'est laissé vierge. Des camions munis de lances à eau nous aspergent continuellement. Les Thaïlandais nous barbouillent le visage d'argile blanchâtre dont la visée est de nous porter bonne chance pour cette nouvelle année à venir. Mon corps est rempli de cette poudre blanchâtre qui me dégouline de partout. Si je ne suis pas chanceuse cette année, je ne comprends pas !

Pendant trois jours durant, il nous sera impossible de revenir à l'hôtel complètement sèche ou propre. Du seau d'eau rempli de glaçons au tuyau d'arrosage déversant des litres d'eau glacée, impossible d'échapper aux attaques enfantines. Les rires résonnent, les sourires de reconnaissance se partagent et le bonheur se lie sur tous les visages.

Sawadee pi mai !